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Les Rapides, des anciens champions maintenant disparus
Par Maurice Potvin
30 décembre 2002

Dans mes chroniques du 14 et 26 novembre, je vous parlais des problèmes des Rapides de La Salle. Dans un communiqué laconique mais officiel de la ligue, on a appris que les Rapides ont cessé leurs activités en date du 21 novembre dernier

Je m’en voudrais de ne pas revenir sur la disparition de l’une des treize équipes originales de la LHSPQ. De ces équipes, Louiseville est une autre franchise qui a cessé de faire partie de la ligue dès la première année, soit à la mi-saison. Quatre équipes sont toujours dans la même ville : Pont-Rouge, Sorel, Thetford-Mines et Windsor. Les autres équipes de la première heure ont déménagé leurs pénates dans d’autres villes. Je vous mentionne cela simplement pour faire ressortir la précarité des petits marchés de ces équipes originales. Au cours des années, la qualité des joueurs recrutés s’est grandement améliorée et la masse salariale a substantiellement augmenté pour satisfaire les demandes des joueurs ainsi que les coûts élevés pour embaucher des bagarreurs de premier ordre qui attirent les foules aux parties. Le prix des billets est passé de $5.00 à un maximum de $10.00. Le nombre des parties du calendrier est aussi passé de 36 à 52 parties.

J’assiste régulièrement à des parties depuis la fondation de la LHSPQ et plus particulièrement à celles des Rapides, à Lachute ou à La Salle. J’ai vu les Rapides gagner le grand championnat à deux reprises. J’ai vu jouer cette équipe au moins 150 fois au cours du calendrier régulier et en séries de fin de saison. Même si je ne suis partisan d’aucune équipe en particulier, j’avais un certain attachement envers cette équipe dont les joueurs m’ont permis de passer de nombreuses soirées très agréables.

À Lachute, les Rapides avaient gâté leurs partisans en gagnant leur premier championnat au cours de la deuxième année de la ligue. Durant la première année, en 1996-97, ils avaient été éliminés en première ronde des séries de fin de saison par le Blizzard de Saint-Gabriel dans une série mémorable de seulement 5 parties. On s’était dit que le gagnant de cette série serait le grand champion et ce fut le cas. Ces cinq parties furent très excitantes et dignes d’une grande finale. L’an dernier, Benoit Deschamps me disait encore que les Rapides auraient du l’emporter. La dernière saison à Lachute fut désastreuse puisque les Rapides eurent un début de saison excessivement pitoyable et furent éliminés des séries de fin de saison lors de la dernière partie du calendrier régulier à Sorel.

À Lachute, l’équipe était la propriété de quelques actionnaires qui ont finalement vendu à un autre actionnaire, Benoit Marier, après trois années. Ce dernier déménagea l’équipe à LaSalle puisque l’équipe ne faisait plus ses frais dans un petit aréna malgré l’appui de la ville de Lachute et de quelques centaines de fidèles partisans.

Monsieur Marier était, semble-t-il, plus intéressé à vendre l’équipe lorsqu’il arriva à La Salle. Ceci créa un certain malaise chez les joueurs car il réduisait les dépenses au strict minimum. Finalement, Jean-Paul Larivière acheta l’équipe et le tout se mit à rouler sur des roulettes si bien que les Rapides gagnèrent de nouveau le grand championnat. Cette performance devint cependant le début de la fin de cette magnifique équipe bâtie par Gilles Major de Lachute et auquelle on avait ajouté quelques nouveaux éléments tels que Daniel Guérard, Patrick Deraspe, Pierre Gagnon, Jonathan Nantel et Carl Benoit lors de l’arrivée à La Salle.

Ce fut par la suite une détérioration totale par une administration faible et sans envergure avec en tête un Larivière peu connaissant mais qui se voyait cependant un véritable connaisseur en matière de hockey. Durant son règne, Larivière n’a pas été capable de s’entourer de bons hommes de hockey. Dès la deuxième saison à La Salle, on a été en mesure de constater que l’équipe n’était pas assise sur une solide base financière. L’équipe renflouait sa caisse en vendant ses meilleurs éléments et en embauchant d’autres joueurs souvent de moindre calibre. Les assistances diminuèrent parce que les La Sallois n’ont jamais adopté cette équipe.

À la fin de la dernière saison, j’étais certain que la direction des Rapides mettrait la clef dans la boutique puisque, selon mes calculs, l’équipe ne faisait pas ses frais. J’avais aussi appris que l’équipe était en retard dans le paiement des montants d’argent convenus avec les joueurs. J’avais aussi eu vent que quelques fournisseurs avaient toujours des soldes impayés. Grâce à la grande tolérance de plusieurs intervenants, incluant tous les gouverneurs de la ligue, ainsi que celle de tous les joueurs, les Rapides poursuivirent officiellement leurs activités jusqu’au 21 novembre dernier. L’équipe était cependant techniquement en faillite dès le début de la saison.

Au début de novembre, Gary Leduc acheta l’équipe. Ce fut comme un vent de fraîcheur pour les partisans des Rapides. Ce vent fut cependant de courte durée puisque l’annonce d’un échange majeur entre le Mission de Saint-Jean et les Rapides sema la consternation chez tous les amateurs de la ligue et jeta toute une douche froide sur les partisans incrédules des Rapides. Après des tractations légales et annulation de quelques parties, les gouverneurs de la ligue approuvèrent cette transaction dans un cadre purement juridique.

Pour ma part, cette transaction est peut-être correcte d’un aspect légal mais elle fut faite dans un climat de tolérance inacceptable, d’immoralité totale pour ne pas dire d’une absence totale de moralité la plus élémentaire. Tout cela ressemble à une détérioration de saines pratiques administratives des dirigeants de la LHSPQ, du moins chez ceux qui ont voté en faveur de l’acceptation de l’échange. Dans toute organisation comme la LHSPQ, un climat mutuel de confiance doit exister entre tous ses membres. J’ai l’impression que ce climat est de moins en moins présent. Les dirigeants de la ligue devront faire de grands efforts pour redorer leur blason auprès de centaines d’amateurs et d’un éventuel commanditaire majeur sérieux. Plusieurs intervenants sur les forums ont écrit que la LHSPQ était une ligue de « broche à foin » pour ne pas employer des termes encore pires. La perception est souvent ce qui demeure dans l’esprit de l’amateur ou du consommateur comme vous dirons les spécialistes en marketing.

Plusieurs amateurs ont vu dans cette transaction, un retour d’ascenseur entre deux amis personnels, Gary Leduc et Julien Rémillard, le propriétaire du Mission. Quelques sources m’ont confirmé que Rémillard était le bailleur de fonds lors de l’achat de l’équipe par Leduc. Je n’ai pas de preuve de cet avancé mais je puis vous dire aussi que j’ai vu Rémillard aux parties des Rapides à quelques reprises sous le règne de Leduc. Il est facile de dire qu’il venait évaluer le talent mais j’en doute. Il a lui-même déjà déclaré qu’il faisait confiance à ses hommes de hockey, qui étaient à l’époque Brien et Ciarcello. N’est-ce pas une drôle de coïncidence? Rémillard, un homme d’affaires averti, était probablement venu à la conclusion que la situation financière des Rapides était si mauvaise que cette concession ne pourrait pas exister très longtemps. Quelques rencontres de Leduc et/ou Rémillard avec Larivière leur ont sans aucun doute permis de mieux évaluer l’état lamentable des finances de l’équipe et permettre à Rémillard de tirer les marrons du feu.

Il ne restait donc qu’un seul pas à faire pour sauver leurs billes soit celui de concocter un échange de cinq éléments majeurs de la formation des Rapides contre des droits de joueurs jouant à l’extérieur du pays ou des joueurs de faible calibre en plus des sempiternelles considérations futures. Une source, ayant des contacts privilégiés avec Charles Paquette, un défenseur des Rapides faisant partie de l’échange, m’avait dit que Paquette avait été averti plusieurs jours avant l’annonce de l’échange qu’il prendrait le chemin de Saint-Jean. Il avait été averti avant même d’avoir joué sa première partie de la saison avec les Rapides puisque des travaux sur sa ferme l’empêchaient de jouer avant pratiquement la mi-saison.

Dans le jargon de la ligue, les considérations futures sont souvent des paiements en argent. Comme il y a certainement eu transfert de sommes d’argent, je me demande bien ce qui en est arrivé. Je puis affirmer que comme détenteur de billet de saison des Rapides, je n’ai jamais été remboursé pour les parties non jouées. Personne de la direction n’a communiqué avec moi, même dans un geste gratuit de sympathie. J’ai longtemps appris qu’un minimum de classe n’est pas le propre de plusieurs gens. Cette légère perte financière ne me poussera pas à la faillite mais me laisse un goût très amer à la bouche. Je ne suis pas le seul dans cette galère, mince consolation!

J’ai aussi appris que le jeudi 21 novembre, un responsable de l’arrondissement de La Salle avait demandé de barrer toutes les portes l’aréna où jouaient les Rapides. La ville, propriétaire de l’aréna, exigeait un paiement de plusieurs milliers de dollars pour services rendus aux Rapides mais toujours impayés avant de rouvrir les portes de l’aréna pour la partie opposant les Dragons de Verdun aux Rapides. Cette partie fut officiellement annulée vers 17h30. Leduc remettait, le même jour, sa franchise à la ligue qui décréta ensuite un repêchage des éléments restants par toutes les autres équipes.

Tout cela fait maintenant partie de la petite histoire, mais quelle mort pour ces champions déchus! Je veux remercier tous les joueurs des Rapides qui nous ont souvent donné un spectacle dans des circonstances souvent difficiles pour eux au cours des deux dernières années. Il me fera plaisir de vous revoir dans d’autres uniformes au cours des mois à venir.

Épilogue

La direction des Dragons de Verdun a été très magnanime envers tous les détenteurs de billets de saison des Rapides en échangeant les billets des Rapides contre de très bons billets pour les parties restantes des Dragons en demandant la somme de $30.00 pour les frais d’administration puisque tous les billets des Dragons sont vendus par le réseau Admission. Il y a même un amateur qui s’est plaint de devoir débourser $30.00 qui ne vont même pas dans les coffres des Dragons. Il se perd définitivement des coups de pied au cul…. Gros merci aux Dragons pour ce geste de grande classe!

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