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Les joueurs de la LHJMQ: pas des esclaves Par Pascal Paradis 31 décembre 2004 Un quotidien montréalais faisait récemment état du faible salaire octroyé aux joueurs de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) qui se chiffrerait à 1,10 $ de l’heure, selon des données compilées par l’agent de joueurs, Gilles Lupien. Selon M. Lupien, les joueurs sont de véritables esclaves qui doivent faire des heures et des heures d’autobus sur les routes du Québec et des Maritimes, s’entraîner, jouer plus de 70 matchs de hockey et étudier. La vie d’un joueur de hockey junior n’est sûrement pas la plus facile, mais de là à dire qu’ils sont des esclaves, il y a une marge. À cette étape, le salaire est loin d’être une priorité pour ces jeunes ayant la chance de vivre une expérience unique de hockey organisé dans un circuit qui ne se situe pas très loin de la Ligue nationale de hockey. N’a-t-on pas vu des joueurs tels que Brad Richards, Vincent Lecavalier et un certain Mario Lemieux passer directement à la Ligue nationale après leur stage junior. Bien sûr, peu de joueurs juniors ont la chance d’atteindre la grande ligue mais la LHJMQ leur donne l’occasion de faire ce qu’ils aiment, soit jouer au hockey. Ensuite, bon nombre de joueurs peuvent continuer à pratiquer leur sport préféré dans différentes ligues telles que la Ligue américaine, la East Coast League et les ligues seniors. Pour ce qui est des études, les équipes encadrent les joueurs en vertu d’un programme scolaire qui comprend, entre autres, des horaires établis en fonction du calendrier de la ligue et des entraînements, le support de conseillers pédagogiques et de tuteurs. Ces programmes ne sont certes pas parfaits mais plusieurs joueurs y obtiennent d’excellents résultats académiques. De toute façon, si un joueur veut compléter ses études après son stage junior, il est loin d’être trop tard. À 19 ou 20 ans, il peut facilement terminer son cinquième secondaire ou obtenir un diplôme d’études collégiales ou universitaires. Il est même possible de jouer du hockey de bon calibre dans certaines universités tout en étudiant. La LHJMQ offre également des bourses d’études allant jusqu’à 3 500 $ par année pour les joueurs désirant poursuivre leurs études après leur carrière chez les juniors. Les longs voyages Avec des équipes dans plusieurs régions du Québec et dans les Maritimes, les voyages en autobus sont longs, très longs. Faire un trajet de 2 000 kilomètres entre Rouyn-Noranda et le Cap-Breton est sûrement loin d’être une partie de plaisir. C’est sur cet aspect que devra avoir lieu le vrai débat de fond. Les dirigeants de la ligue et des équipes devront prendre cette réalité en considération lors de réalignement des divisions avec la venue, l’an prochain, de deux nouvelles équipes dans les provinces atlantiques. Ces voyages ne contribuent sûrement pas à faciliter l’étude chez les joueurs. De plus, certaines équipes ont toutes les difficultés du monde à boucler leur budget en raison, notamment, des coûts croissants des déplacements. Les équipes devraient-elles jouer moins de matchs contre les équipes qui sont à plusieurs centaines, voire des milliers de kilomètres? La question mérite qu’on s’y attarde sérieusement. Une chose est sûre, ce n’est pas en payant le salaire minimum aux joueurs, comme le propose Gilles Lupien, qu’ils auront une qualité de vie supérieure et de meilleurs résultats scolaires. Copyright © 2004 - Pascal Paradis - Tous droits réservés. |
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