Et bien septembre frappe à nos portes et je sens la fièvre du hockey de plus en plus
proche. Pour certaines ligues il reste encore quelques semaines avant la mise au jeu
officielle alors que les camps dentrainement commencent prochainement dans la LNH.
Ceci dit, revenons au merveilleux monde de la mascotte! Comme je le disais dans
larticle précédent, je vais vous parler de mon ascension définitive vers les
Etats-Unis.
En 1996, après avoir complété mon année avec les Expos du Vermont, je me suis
retrouvé à la maison sans emploi garanti avec une équipe pour la saison de hockey.
Jétais un petit peu dépressif mais pas découragé. Un bon matin mon ami
Jean-Claude Tremblay mappelle et me dis quil allait en Nouvelle-Orleans en
novembre et quil avait besoin dun animateur là-bas pour 3 jours. Il voulait
savoir si jétais intéressé. Je saute donc sur loccasion et accepte
dêtre là en novembre.
Durant le mois de septembre, qui est un mois mort pour moi puisque cest entre
deux saisons (baseball et hockey), je réfléchis beaucoup. Un bon matin, je me décide et
me dis que si je veux vivre quelques expériences enrichissantes et captivantes, je dois
quitter le Québec et aller aux USA démontrer ce que je peux faire comme mascotte.
Jen parle avec Jean-Claude et y pense beaucoup et je me décide à partir seul en
voiture avec une mascotte et aller travailler aux Etats-Unis. Ce nest pas quelque
chose de facile, croyez-moi! Premièrement, Jean-Claude me donne une mascotte nommée
Jumping Jack. Deuxièment Jean-Claude mappui enormément dans ce projet-là.
Donc, je morganise pour quitter le Québec un mois avant lengagement en
Nouvelle Orléans. Je me dis que si ça marche, je le rejoins là-bas et si ça ne
fonctionne pas, je reviens avant et partirai avec lui pour le contrat de la Nouvelle
Orléans.
Le 30 octobre 1996 est la date où je quitte le Québec pour le USA. Je pars avec une
mascotte et 2 valises dans une Colt remplie à craquer. Ceux qui me connaissent savent que
mon anglais nétait pas très développé à lépoque! La première étape est
de franchir les douanes. Ca commence mal puisque je suis refusé parce que les douaniers
jugent que jai trop de stock pour un mois. Petit problème-là! Jétais
tellement décidé de partir et de ne pas revenir bredouille que jappelle une amie
à Montréal et lui demande de venir maider à passer aux douanes. Je lui donne une
valise et la mascotte et je passe aux douanes avec seulement une valise. Donc 8 heures
après mon premier essai, je réussi à passer les douanes. Cétait incroyable comme
sensation de franchir cette étape. Jétais tellement nerveux et excité. Mon amie
Diane ma donc permis de franchir les douanes et de partir vers linconnu.
Javais seulement une partie de cedulée quand jai quitté. Je me suis donc
arrêté à Binghampton pour faire un match pour les Red Wings dAdirondack de la
ligue américaine de hockey. Mon intention était de visiter plusieurs équipes du hockey
mineur-professionel pour leur offrir mes services tout en descendant vers la
Nouvelle-Orléans. Je suis donc arrêté à Albany, Utica, Syracuse, Rochester et
Binghampton. Tout ce temps là, je leur donnais des informations à mon sujet et leur
offrais mes services mais aucune équipe ne mengageait. Je couchais dans mon auto
tout le temps et si vous ne savez pas il fait froid en novembre dans le nord! En plus,
nétant pas chanceux, je frappe une tempête de neige dans létat de New York.
Rendu un jeudi après-midi, je suis en Virginie. A Richmond, je visite la direction des
Renegades, de la East Coast Hockey League. Ils semblent très interessés. Ils me disent
quils vont y penser et me donner une réponse le lendemain matin. Evidemment, je
suis tout excité de voir quils sont intéressés. Je décide donc de louer une
chambre dhotel pour premiere fois depuis le début du périple. Le lendemain matin
à 09:45, jappelle et le directeur général me dit quils ne peuvent pas
mengager pour le match de ce soir-là mais que peut être plus tard dans la saison
ils pourront le faire. Pendant un moment jai pensé revenir à la maison.
Cétait plus frustrant que décourageant.
Je prends mon courage à deux mains et me dis que je suis un fonceur et un bagarreur,
jai un certain talent et expérience que personne dautre a, je dois continuer!
Donc, je regarde dans mon livre déquipe mineures-professionelles et je remarque une
note de mon ami Serge Beaudoin, ancien joueur dans NHL et dans lAMH, disant:
"Pierre si tu va à Roanoke en Virginie, appelle Pierre Paiement et dis-lui que tu me
connais. Ca va peut-être taider". De ma chambre dhotel, jappelle
lExpress de Roanoke, de la East Coast Hockey League, et parle a Pierre Paiement.
Après 10 minutes de discussion, il nétait toujours pas certain. A ce point, je lui
dis que je sais ce que je peux faire et que sil nest pas convaincu il na
quà me donner une chance de faire la mascotte pour léquipe en me donnant
seulement $100 par partie et que si je ne suis pas bon, il na quà garder
largent! Il accepte loffre!
Après une période, Pierre viens me voir dans ma chambre et me dis que je travailles
encore le lendemain. Cest incroyable comme jétais content. Javais
réussis à conquérir les gens là-bas. Aussi, à ma grande surprise, je réalise que
Jean-Francois Tremblay (qui était avec moi à Granby) joue à Roanoke. Donc depuis
environ 5 ans nous nous cotoyons souvent. Parfois le monde est petit!
Après Roanoke, je suis parti vers le sud et je suis arrêté à Charleston en Caroline
du Sud. Ensuite jai travaillé à Mobile au Missisippi, à Tallahassee et en
Louisiane avant daller en Nouvelle-Orléans pour le contrat de 3 jours qui était
prévu. Jean-Claude étais abasourdi de voir comment javais réussi à percer le
marché par moi-même. Après la Nouvelle-Orléans , lExpress de Roanoke ma
engagé pour finir la saisons de hockey. Roanoke est devenu ma place préférée. Mon
coeur sera toujours là. Les gens sont très chaleureux et adorent Jumping Jack.
A partir de ce vendredi soir là, je ne suis jamais revenu travailler au Québec. Je
suis aux Etats-Unis depuis ce temp-là. Il a fallu que je laisse derrière moi la famille
et les amis mais rien nest comparable à ce que je vis ici depuis 4 ans. Jai
une niche en Virginie et une autre au Mississippi.
Depuis mon départ du Québec, jai fait plus de 1000 apparitions à travers les
USA . Vous pouvez me voir partout! Mon anglais nest pas parfait mais il est
meilleur. Je peux maintenant commander autre choses que du McDonald et je ne suis plus
obligé de coucher dans mon auto!
Parfois chacun a sa destinée dans la vie et je me considère très chanceux
davoir eu cette destinée pour moi. Dans mon prochain article, je vous parle de ma
deuxième saison de hockey aux Etats-Unis ainsi que de lAvalanche de Salem au
baseball.
Si vous avez des suggestions ou que vous aimeriez me contacter, vous pouvez le faire
par courriel ou visiter mon site web
à www.promascot.com.
Sincèrement,
Pierre Deschesnes
Jumping Jack