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Vincent Riendeau
en Russie
Le gardien de but Vincent Riendeau a évolué 8 ans
dans la LNH avant d'aller jouer une saison pour le Moose du Manitoba, dans la ligue
internationale, et ensuite quitter pour l'Europe. Il joue maintenant en Russie et a
d'ailleurs été le premier canadien à se joindre à une équipe russe. A la mi-novembre
1999, il a répondu aux questions de François Coulombe, de
HockeyZonePlus,
concernant son expérience en Russie.
HockeyZonePlus Depuis quand joues-tu en
Russie?
Vincent Riendeau - Je joue en Russie depuis le milieu janvier de l'an
dernier (saison 98-99)
HockeyZonePlus Tu joues pour quelle équipe,
dans quelle ville et quelle ligue?
Vincent Riendeau - Mon équipe se nomme HC Lada (la compagnie automobile
Lada est propriétaire). La ville se nomme Togliatti, située à 1000 km à l'est de
Moscou. Nous jouons dans la 1ere ligue en Russie.
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Vincent Riendeau en Russie.
FICHE
Saison Équipe
Ligue PJ MOY
1986-87 Sherbrooke LAH 41 2,89
1987-88 Sherbrooke LAH 44 2,67
1987-88 Montréal LNH 1 nd
1988-89 St-Louis LNH 32 3,52
1989-90 St-Louis LNH 43
3,50
1990-91 St-Louis LNH 44 3,01
1991-92 STL/Détroit LNH 5 3,20
1991-92 Adirondack LAH 3 2,68
1992-93 Détroit LNH 22 3,22
1993-94 Adirondack LAH 10 3,09
1993-94 Dét./Boston LNH 26 3,31
1994-95 Boston LNH 11
2,87
1996-97 Manitoba LIH 41 3,49
1997-98 Revier Allem
14 nd
1997-98 Lugano Suisse 1
nd
1998-99 Ayr Anglet
18 3,11
1998-99 Togliatti Russie nd nd
1999-00 Togliatti Russie
Date de naissance: 20 avril 1966
Lieu de naissance: Ste-Hyacithe, Québec |
HockeyZonePlus
Comment fonctionne la ligue?
Vincent Riendeau - Il y a 20 équipes dans notre ligue et la saison
consiste en 2 parties contre chaque équipes (38 matchs). 16 équipes participeront aux
séries, 3 séries 3-5 et la finale 4-7.HockeyZonePlus
Peux-tu nous parler un peu de la ville de Togliatti?
Vincent Riendeau - La ville de Togliatti est séparée en 2 (nouvelle et
vieille partie, plus ou moins 20 kms entre les deux). Mon hotel est dans la nouvelle
partie de la ville la où se situe l'aréna (un stade de plus ou moins 4000 sieges). Le
centre-ville de la vieille ville est assez bien sauf que l'on y va rarement. Dans la
nouvelle ville, il ny a pas beaucoup d'attraction, plutôt beaucoup d'apartements.
La vieille ville fut batie sur les rives de la rivière Volga.Nous sommes au même
parallèle que la ville de Sept-Iles, ce qui vous donne une idée de notre climat. La
plupart des gens ici travaillent d'une façon ou d'une autre pour la compagnie Lada.
Togliatti a aussi son équipe de soccer mais elle fait partie de la 2eme ligue.

Étoile jaune = Togliatti

HockeyZonePlus Quel a été ton
cheminement depuis ton départ de la LNH?
Vincent Riendeau - J'ai joué au Manitoba dans la IHL pendant une année
qui fut très difficile. J'avais perdu toute confiance en mes moyens et doutait de pouvoir
continuer ma carrière. Mon père commenca son combat contre le cancer cette année-là,
(combat qu'il perdit en septembre 1997) en somme, une année terrible sur tous les points.
Au courant de l'été 1997, j'ai recu une offre pour retourner en Allemagne (Rivier
Lowen), et un retour en Europe me plaisait. J'avais retrouvé mes moyens quand l'équipe
se mit à avoir des troubles financiers causant mon départ pour la Suisse (Lugano) en
mi-saison. Je me suis retrouvé dans la ligue de l'Angleterre en 1998-99 jusqu'à mon
départ pour la Russie en janvier 1999.
HockeyZonePlus Comment s'est fait le cheminement vers la
Russie?
Vincent Riendeau - Avec mon équipe de la ligue d'Angleterre (Ayr
Scottish Eagles), nous participions au tournoi de la Eurocup (tournoi regroupant toutes
les équipes championnes de l'année précédentes de chaque pays d'Europe) et faisions
parti du même groupe qu'un équipe russe (AK Bars Kazan). On a joué 2 matchs contre eux
que nous avons gagnées (4-2, 3-1) à la surprise de tous les connaisseurs de hockey
européens. J'avais bien aimé leur façon de jouer et de pratiquer. J'avais une clause
dans mon contrat stipulant qu'en janvier 1999, la négociation d'un nouveau contrat devait
commencer si les 2 parties étaient interessées. Mon équipe n'était pas prête à se
commettre et sachant qu'un équipe russe se cherchait un gardien (via mon agent), on
demanda alors au directeur général si on pouvait terminer mon contrat et aller en Russie
ou je trouvais que le calibre de jeu serait un excellent défi pour moi. Le GM nous dit
alors que si on voulait partir, on pouvait (plus tard, il changera d'idée et demanda une
compensation dérisoire ou il me suspendait pour le restant de la saison). Un coup tout
cela réglé, je me retrouve en Russie.
HockeyZonePlus Qu'est-ce qui t'a poussé à vouloir aller
jouer en Russie?
Vincent Riendeau - Plusieurs facteurs m'ont decidé d'aller en Russie. Le
plus important étant le calibre de jeu et le challenge que cela représentait. En
arrivant en russie et à 32 ans, j'ai décidé de changer ma position de base ce qui en
même temps changea mon style, un style beaucoup plus papillon qu'auparavant qui, selon
moi, améliorerait mes performances. En venant en Russie, j'avais décidé que pour le
restant de ma carrière (peu importe le nombre d'années) j'essayerais de devenir meilleur
que je ne l'avais jamais été. Jusqu'à maintenant, après 4 mois de competition russe,
je crois sincèrement etre meilleur que dans mon temps de la NHL. Une des raisons est que
les russes pratiquent comme si c'etait un match alors je peux tester mon nouveau style
tous les jours et souvent 2 fois par jour. Un autre facteur est celui de la Serie
Canada-Russie 1972. Pour moi, c'est encore le plus grand événement sportif jamais
organisé. J'ai rencontré des gens ici qui ont joué dans cette série et sur le plan
hockey, un grand respect mutuel existe entre la Russie et le Canada. J'étais le premier
canadien (et premier ex-NHL) à jouer en Russie et les russes sont très fiers de ma
présence. Evidemment, il y avait aussi un facteur financier car pour decider de quitter
sa famille pour vivre 2 mois seul en Russie, il faut quelque chose pour le restant de la
famille également.
HockeyZonePlus As-tu l'intention de jouer quelques années
en Russie?
Vincent Riendeau - Je ne sais pas, je ne sais pas combien de temps je
veux jouer encore. C'est très difficile d'tre si loin sans famille (j'ai 3 enfants dont 2
qui vont à l'école). J'aimerais bien qu'ils soient ici avec moi mais cela serait trop
difficile pour eux. Nous pratiquons 2 fois par jour alors je ne les verrais pas beaucoup
de toute façon. Puis il y a le problème de l'école. Ma plus vieille a 11 ans et a
déjà changé d'école 10 fois dans sa vie. Ca doit arrêter un jour alors pour cette
année, on a decidé que la famille resterait au Québec. Moi et ma femme allons
réévaluer notre plan de carrière à la fin de la saison.
HockeyZonePlus Tu es le seul étranger avec le Lada. Comment
ça se passe avec tes coéquipiers?
Vincent Riendeau - Comme je l'ai déjà mentionné, je suis le premier
canadien à venir ici. Au début, les joueurs étaient sceptiques mais quand ils ont
realisé que je venais ici pour performer, ils m'ont vite accepté. Il ya 5-6 joueurs qui
parlent l'anglais. Les entraineurs parlent le russe et l'entraineur des gardiens parle un
peu l'allemand (comme moi). Pour me dire la cédule des entrainements, l'entraineur des
gardiens me parle en allemand. Sils ont besoin de me dire ou demander quelque chose
de spécifique, ils le font via un des joueurs qui maitrise l'anglais ou via la
sécretaire qui parle bien l'anglais.

Le Lada de Togliatti
Vincent Riendeau - Deuxième gardien à partir de la gauche
HockeyZonePlus Comment tu composes avec la
barrière du langage?
Vincent Riendeau - Côté hockey, ce n'est pas trop pire. Ma position de
gardien facilite les choses. En temps que gardien, la stratégie n'est pas très
importante (d'abord que j'arrête les rondelles, ils sont bien heureux.). Pour la vie de
tous les jours, encore une fois, cest pas trop pire. Nous sommes 5 joueurs à
l'hotel et 2 des ces joueurs parlent bien l'anglais. On est toujours nourris à la
caféteria de l'aréna et si on décide d'aller au restaurant, les joueurs m'aident. Je
comprend assez de russe pour mes autres besoins. Souvent je fais du pouce pour aller à
l'aréna et je peux leur dire ce que je veux. Ma femme m'envoie cette semaine un CD pour
apprendre le russe mais je sais que je n'aurai pas le temps de maitriser la langue. C'est
une langue que je trouve plutôt difficile car les mots n'ont aucune relation avec les
langues que je connais. Aussi, leur alphabet est différent alors ça prends un certain
temps à maitriser les nouveaux caractères.
HockeyZonePlus Comment compares-tu le calibre de jeu entre
la ligue où tu joues et les autres ligues où tu as déjà joué?
Vincent Riendeau - Je suis incapable de comparer les styles car ils sont
trop différents. Tout ce que je sais est quà tous les ans, le tournoi de la
Eurocup se joue entre les champions de tous les pays. L'an dernier, la finale s'est jouée
entre 2 équipes russes (Dynamo de Moscou et Magnitagorsk). J'aime bien leur façon de
garder la rondelle versus notre fameux ''dump in''. Les patinoires sont plus grandes que
chez nous et le ''dump in'' est une stratégie presque inexistante chez les russes.
HockeyZonePlus Quelle genre de compensation tu reçois de
l'équipe?
Vincent Riendeau - En russie, les contrats contiennent une clause
interdisant la divulgation des salaires. Je n'ai pas l'intention d'être le premier à
changer ça... L'équipe me loge à l'hotel et me fournit une auto que j'ai cependant
refusée. Je trouve que les russes ne respectent pas beaucoup les lois sur la route alors
je préfère marcher ou faire du pouce si la température ne coopère pas. Le pouce est un
outil très employé en Russie (rarement plus de 5 minutes d'attente). Pour 15 roubles
($1CAN), tu peux aller où tu veux. L'équipe me laisse aussi utiliser leur ordinateur à
l'aréna et leur connection internet. Cette année cependant, j'ai réussi à avoir
l'internet dans ma chambre d'hotel. Nous sommes également nourris 3 repas par jour à la
cafeteria de l'aréna.
HockeyZonePlus Peux-tu nous parler
dune anecdote sétant produite depuis ton arrivée en Russie?
Vincent Riendeau - L'an dernier, durant les séries, nous avons joué
contre le Dynamo de Moscou. Les 2 premiers matchs étaient disputés à Moscou (même
amphithéatre que la Super Série de 1972), le premier un samedi à 13h00, le deuxième le
lendemain à 13h00 également. A la fin du premier match (plus ou moins 16h00) je décide
d'aller voir le Kremlin et la Place Rouge. Après avoir demandé à tous le monde de
m'accompagner, je réalise que si je veux voir cette place, je devrai y aller seul (ce qui
pour moi ne cause aucun problème). Un peu fou sur les bords comme je suis, à la place de
prendre un taxi comme tous les gens qui ignorent le russe auraient fait (ça aurait été
trop simple), je décide de me donner un peu plus de trouble et d'essayer un moyen de
transport que j'aime bien, le métro. |
| Notre hotel était située juste à côté
d'une station de métro. Je me dis alors que tout ce que j'avais à demander était la
station de métro du Kremlin et après avoir trouvé cette information, je décide de
partir pour l'aventure. Rendu au métro, je nai aucune
difficulté à trouver où je dois me rendre même si tout est écrit en russe. La carte
du métro est assez simple et je suis sur une ligne qui m'ammène directement au Kremlin
via 8 ou 9 arrêts. Mes problèmes commencent lorsque j'arrive à la station de métro du
Kremlin. Je m'apercois que je n'ai aucune idée des mots que je dois connaitre pour
trouver la sortie (sortie, rue, boulevard, etc). Je pense vite et trouve la solution qui
semble logique: je n'ai qu'à suivre la majorité des gens - ils doivent éventuellement
sortir de ce métro... Je commence alors à suivre un groupe de gens et me retrouve à la
même place (c'est ce que je pense). Je décide donc de suivre un autre groupe et arrive
au même résultat!!! Je regarde alors la carte du métro et je m'apercois que la station
ou je suis est le centre du métro, donc une jonction de 5 lignes de métro. A chaque fois
que je marche derrière un groupe, celui-ci ne va pas dehors mais bien vers une autre
ligne de métro!!! J'ai suivi du monde comme ça pendant environ 1 heure avant d'avoir la
chance de suivre quelqu'un qui allait dehors!!!
A la suite de tout ça, je suis allé à la Place Rouge qui était
désormais fermée!! Etre sorti du métro immédiatement, j'aurais eu le temps d'entrer
pour la dernière visite... Ce fut quand même une très belle journée et je décidai
ensuite de prendre un taxi pour revenir... |


Vincent à Moscou.

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HockeyZonePlus
As-tu le temps d'essayer d'apprendre un peu de russe?
Vincent Riendeau - J'apprends le russe via les joueurs dans la chambre.
Je voulais prendre des cours mais notre horaire rend cette tâche presquimpossible.
Notre cédule change de jour en jour et elle nous est présentée qu'à la fin de chaque
journée. J'en sais assez pour faire du pouce et pour savoir quand je dois être à
l'aréna. Pour le reste (comme les meetings d'avant matchs), je ne comprends plus ou moins
rien. Ca devient difficile lorsque le sommeil se fait sentir et que tu es supposé porter
attention sauf que j'ai assez d'experience pour savoir quand je dois avoir l'air
d'écouter...En passant, je viens de vivre un autre expérience assez incroyable car
suite à une blessure à un genou, j'ai dû passer 3 jours à l'hopital pour une
opération sans personne qui ne parle anglais ou francais. Le tout c'est bien déroulé
mais la même expérience l'an dernier aurait été suffisante pour que je reparte à la
maison. Je vous laisse libre de penser à quoi peuvent ressembler 3 jours seul dans un
hopital russe... |
HockeyZonePlus Comment
sont les gens face à toi, en tant qu'étranger, là-bas?
Vincent Riendeau - Je ne dois surement pas ressembler à un russe car en
général, je sens beaucoup de regards vers moi. C'est sur qu'à la maison, je suis
reconnu par plusieurs personne mais sur la route, là où personne ne me connait, j'attire
les regards... Jamais en mal cependant. Les gens sont très très corrects avec moi et les
russes sont généralement très chaleureux et très aidant (Jamais plus de 3-4 minutes
d'attente quand je fais du pouce, par example). C'est sur qu'au début les joueurs
étaient quelque peu sceptiques mais ils m'ont vite accepté. Le jour de mon opération,
on jouait un match d'exhibition contre Team Canada et à mon retour le lendemain, alors
que je regardais la pratique, ils ont fait rejouer l'hymne national du Canada pour moi.
J'ai bien apprécié leur pensée... |

Vincent entouré de coéquipiers.

Photo de Vincent dans un magazine russe. |
HockeyZonePlus
Est-ce que les joueurs de l'équipe ont espoir de jouer en amérique?
Vincent Riendeau - Dans notre ligue, il y a un règlement stipulant que
tu dois avoir 2 juniors en uniforme. Certains jouent, d'autres non. Il y a beaucoup de
dépisteurs qui suivent la ligue de la Russie et ça rend les choses intéressantes car
les jeunes poussent toujours. Pour ce qui est des plus vieux, leur vie se fait ici avec
leur famille et je ne crois pas qu'ils pensent partir pour la plupart. Certains envient de
jouer en Europe quelque part mais la vie des ligues mineures en Amérique du Nord
n'intéresse personne ici. |
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